Le classement des localités à des fins d’assurance incendie remonte à plus d’une centaine d’années, à une époque où de violents incendies détruisaient des secteurs complets des villes canadiennes et américaines. De grands incendies, tels ceux de Portland (1866), de Chicago (1871) et de Toronto (1904), et l’incendie consécutif au tremblement de terre de 1906 à San Francisco ont fait ressortir la vulnérabilité des villes à ce fléau. L’aménagement des ressources en eau et les codes et services d’incendie n’en étaient alors qu’à leurs débuts et les villes ne disposaient donc pas de moyens suffisants pour prévenir ou maîtriser les feux dévastateurs atteignant des quartiers entiers. Le nombre de sinistres était phénoménal et menaçait sérieusement la solidité financière de l’industrie des assurances.

Devant l’énormité du problème, le National Board of Fire Underwriters des États-Unis a chargé une équipe technique de se pencher sur la situation des grandes villes en matière d’incendie. Au Canada, la Canadian Fire Underwriters' Association s’est vu confier une mission semblable et des techniciens ont évalué le risque d’incendie de nombreuses villes.

La citation qui suit est tirée du livre de Christopher L. Hives, « The Underwriters: the history of the Insurers’ Advisory Organization and its predecessors, the Canadian Fire Underwriters' Association and the Canadian Underwriters' Association », publié en 1985.

« La fréquence élevée des grands incendies au 19e siècle dans les villes canadiennes a eu pour conséquence de mener à la faillite de nombreux assureurs incendie. Pour venir en aide à l’industrie en difficulté, le nouveau gouvernement canadien a adopté la loi intitulée Insurance Company Act en 1868.»
(Traduction non officielle)

En 1883, la Canadian Fire Underwriters' Association nouvellement créée a développé le premier index de classement des localités à des fins d’assurance incendie au Canada. Celui-ci comportait cinq classes, établies en fonction du degré de protection contre l’incendie, comme suit:

AExcellent
B (ou no 1)Engins et réseaux d’eau de grande qualité
C (ou no 2)Réseaux d’eau
D (ou no 3)Pompes à vapeur mais pas de réseaux d’eau
E (ou no 4)Pompes à bras ou aucune protection incendie

Au cours du siècle qui a suivi la création de la Canadian Fire Underwriters' Association, le processus d’évaluation et d’analyse comparative des risques d’incendie et des niveaux de protection s’est affiné et normalisé grâce à la mise au point du système de classement des secours publics contre l’incendie. Ce système s’inspirait largement du Fire Suppression Rating Schedule utilisé aux États Unis par l’Insurance Services Office ou ISO (auparavant le National Board of Fire Underwriters).

À mesure qu’ils prennent conscience du rôle que les classes de protection incendie des collectivités jouent dans la fixation des taux d’assurance des biens, les urbanistes et ingénieurs tendent de plus en plus à normaliser les secours publics et les infrastructures afin d’obtenir un bon classement et de maximiser le ratio avantages-coûts pour les propriétaires immobiliers.

Depuis l’introduction du premier classement des municipalités à des fins d’assurance incendie, l’Index de classement et les classes de secours publics contre l’incendie sont devenus un outil important dans la sélection et la tarification des risques au Canada tant en assurances des particuliers qu’en assurances des entreprises. L’Index de classement du Service d’inspection des assureurs incendie est le successeur direct des premiers systèmes de classement. Les classes de secours publics contre l’incendie fournissent aux assureurs des données crédibles pour l’établissement de primes qui reflètent avec justesse les risques de sinistres dans une localité en particulier.